02/11/2014

Herstal en cartes postales et en photos de hier et d'aujourd'hui

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Le viaduc de 650 m enjambe la Meuse, Chertal et le canal Albert sur l’E40. SPW.

L’ouvrage date des années 60. On y a constaté de la corrosion sur de nombreux éléments métalliques et des dysfonctionnements dans les joints de dilatation. Mais surtout, l’augmentation du trafic fait qu’il n’est plus adapté aux normes de sécurité.

 

« Il faut absolument que nous réparions ce viaduc, mais aussi que nous l’élargissions afin d’aménager deux bandes d’arrêt d’urgence »,

explique Abdu Aydogdu, le gestionnaire du projet au SPW. Et nous en profiterons également pour remettre en service la bretelle d’accès de Herstal à l’E40 (fermée depuis l’an 2000) en créant une quatrième bande dans le sens vers Aix. » Ce qui devrait aussi soulager le trafic au centre de Herstal.

 

Mais pour ce faire, il faudra construire un nouveau tablier en amont du viaduc pour élargir son assiette et faire passer sa largeur utile de 25,5 à 33 mètres.

Chantier par phases

Cette construction constituera la première phase des travaux qui commencera ce lundi et qui ne devrait pas perturber la circulation. « Ce n’est qu’à partir du dernier trimestre de cette année, reprend Fabian Namur, le porte-parole de la Sofico, que les six bandes de circulation actuelles (trois dans chaque sens) vont être rétrécies et que la vitesse maximum tombera de 90 à 70 km/h jusqu’à la fin des travaux prévues à la fin 2016, soit durant 2 ans ». Des radars fixes seront installés afin d’y veiller.

Une fois l’assiette du viaduc élargie, le chantier de rénovation pourra démarrer par phases et les bandes de circulation voyageront d’un côté à l’autre du viaduc durant deux ans. « Nous arriverons à conserver les six bandes actuelles durant toute la durée des travaux, reprend Abdu Aydogdu, si ce n’est durant une quinzaine de jours au début de l’année 2016 où il n’y en aura plus que deux dans le sens vers Bruxelles. »

Mais la présence du chantier et le rétrécissement des bandes provoqueront immanquablement des ralentissements et des remontées de files vers Blégny ou vers les Hauts-Sarts. Deux ans de soucis à se faire donc pour tous les automobilistes.

L’investissement s’élève à 31 millions et le chantier a été confié à Besix-ABtech.

 

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Source M Hubert DIRIX VIA Herstal a l'acienne

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Pour la petite histoire

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Il y à 100 ans 4 - 5 Aout 1914

 

En quittant Visé, je gagne Milmort, où je reçois, le 5 août, du général Léman l'ordre de me rendre immédiatement à Wandre et d'interdire à tout prix aux Allemands l'accès du pont sur la Meuse.

 

Dès mon arrivée, je fais une reconnaissance sommaire de la position: étant donné le minime effectif de mon bataillon - quatre cents hommes - la défense consiste princi- palement dans la construction de barricades et dans l'utilisation de maisons et de murs, donnant des feux croisés et obliques sur le pont de la Meuse, sur le pont du canal, situé à l'ouest, et sur les chemins d'aboutissement. Avec une activité fiévreuse, les soldats se mettent à la besogne; dans les maisons désignées, ils cassent les carreaux et disposent des literies et des sacs de terre sur les appuis des fenêtres, de façon à abriter parfaitement les tireurs; puis ils traînent des chariots, transportent des planches et des tonneaux, et amoncellent sur le pont de la Meuse des matériaux de tout genre, ne laissant qu'un étroit passage, à peine suffisant pour une personne.

 

D'autre part, une barricade coupe la route d'Herstal à Vivegnis, tandis que le cimetière, vaste rectangle placé en marteau entre la route et le canal, a ses murs percés de meurtrières et se transforme en véritable redoute. Bientôt, postés derrière les fenêtres des maisons, derrière les meurtrières du cimetière, derrière les barricades, les lignards attendent, le mauser prêt, l'œil aux aguets.

 

Ces préparatifs gênent évidemment les projets des Allemands et leurs espions mettent tout en œuvre pour m'écarfer. Par téléphone, un de leurs agents m'enjoint, au nom de l'état-major, de me retirer de Wandre. Surpris, puisque, j'avais l'ordre de défendre le pont à outrance, je demande la communication avec le quartier général. -
« Jamais, s'écrie le général Léman, quand on lui transmet ma question, jamais je n'ai donné pareilles instructions. Croyez-vous que Collyns soit encora là-bas et que je peux compter sur lui? »
Je fais assurer au général que je ne partirai que sur son ordre formel.

 

A mon retour au pont, mon étonnement est extrême: des individus enlèvent les véhicules composant la barricade.
Furieux, je les interpelle; ils prétendent agir sur l'injonction du commissaire de police. J'apostrophe ce dernier et lui reproche sa conduite: « On ne sait plus à quoi s'en tenir, réplique-t-il avec mauvaise humeur; le général vient encore de me téléphoner que le pont doit être débarrassé. » -
« Monsieur le commissaire, lui dis-je, je vais donner l'ordre aux sentinelles de tirer sur tous ceux qui toucheront aux barricades et je vous rends responsable de ce qui arrivera ».
Mon attitude énergique fait heureuse impression et personne ne tente plus de désobéir.

 

La journée du 5 août se passe sans autre incident.
Prévoyant une attaque de nuit, j'inaugure un nouveau système d'éclairage et fais amonceler, sur plusieurs points, hors de la vue de l'ennemi, des tas de paille imbibés de goudron, que des sentinelles allumeront en cas d'alerte. Aucun renseignement ne me parvient, si ce n'est que l'ennemi bombarde violemment les forts. A proprement parler, ma position du pont de Wandre constitue une deuxième ligne de défense, car, en avant, à une certaine distance, des troupes de forteresse occupaient le terrain entre le fort de Pontisse et la Meuse.
Je n'avais qu'une médiocre confiance dans la valeur de ces soldats, provenant encore de notre ancien système de recrutement, et qui, après avoir quitté le régiment pendant de longues années, avaient pris les armes depuis quatre jours. Mon appréciation était juste. A minuit, une fusillade nourrie éclate à l'avant, et peu après, les troupes de forteresse cherchent à gagner la ville par les voies que je défends. Je cours à leur rencontre et les somme de regagner leurs positions, menaçant de mort ceux qui désobéiront.
Les troupes repartent; l'obscurité m'empêche de vérifier si elles reprennent leurs postes, et elles en profitent pour se glisser sur le flanc gauche.

 

Vers 1 heure, mes sentinelles tirent des coups de feu et, au même instant, les différents bûchers s'allument. Alors commence une fusillade intense, partant surtout de la route principale Herstal-Vivegnis, fusillade à laquelle répondent la mousqueterie et les mitrailleuses allemandes. Au bout de quelques minutes, le feu décroît, se perd dans l'éloignement; en effet, l'ennemi est obligé de se retirer; mais il ne tarde pas à revenir en plus grande force par des rues parallèles. De nouveau notre tir l'oblige à la retraite; alors il se jette dans les jardins, traverse les maisons et s'avance par la rue qui coupe perpendiculairement la route Herstal-Vivegnis. Cette rue est balayée dans toute son étendue par les tireurs cachés dans les maisons bordant la droite de la place; après avoir subi des pertes épouvantables, les Allemands sont contraints de s'enfuir et de s'abriter dans les jardins. Déjà, d'autres troupes paraissent et tentent de forcer le passage. Les attaques se succèdent sans interruption. Aux commandements, aux appels, aux cris de « Vorwaerts » se mêlent les détonations de la fusillade et le bruit sourd des corps qui tombent. Des groupes de fantassins allemands sont étendus dans les rues, à intervalles égaux, les mains crispées sur la crosse de leurs fusils, gardant leurs rangs même dans la mort. Ils sont là, étalant leur poitrine déchirée par les balles, leur éventrement hideux. Du sang gicle sur les trottoirs, sur les pavés, sur la façade des maisons, du sang partout. Des bûchers, une belle flambée illumine cette scène de carnage, les flammes dansent, sautent, s'enlacent en guirlandes d'or, faisant monter et courir le long des murailles des ombres allongées...

 

Peu à peu, la vigueur de l'adversaire faiblit, ses efforts s'amoindrissent, ses attaques ne se produisent plus qu'à de longs intervalles. Dès que les têtes des colonnes d'assaut atteignent le rayon de notre tir, elles sont fauchées; le reste se débande, s'éparpille et court se cacher dans les jardins et les caves. Pendant une accalmie, quelques-uns de mes braves explorent les alentours et, peu d'instants après, le soldat Lange me rapporte le drapeau du 89e régiment de grenadiers mecklembourgeois, qu'il a trouvé au pied des maisons faisant face à la route de Vivegnis. Autour du glorieux trophée, le colonel, l'adjudant-major, le porte-drapeau, de nombreux officiers gisent. Je saisis le drapeau et m'avance vers mes soldats en criant: « Victoire! Victoire! » Un enthousiasme inouï! Spontanément, tous entonnent la Brabançonne entremêlée de cris de « Vive le Roi! Vive la Belgique! Vive le major »! Des officiers courent à moi pour me féliciter et, pourquoi ne l'avouerai-je pas, dans une exaltation qui leur fait oublier toute hiérarchie, des soldats s'élancent sur moi et m'étreignent les mains. Ah! les braves garçons!

 

Le feu se ralentit de plus en plus et, vers 8 heures du matin, l'ennemi bat définitivement en retraite. Alors commence dans les jardinets des maisons une étrange chasse à l'homme. Des Boches sont cachés dans les buissons, tapis derrière des tas de feuilles; les uns lèvent les bras en criant: « Kamarade, nicht schiessen! » D'autres, au contraire, se défendent jusqu'à la dernière extrémité. Dans un jardin, une douzaine refusent obstinément de se rendre et sont massacrés. Après avoir confié le drapeau à l'ingénieur Hiard qui se charge de le porter au général Léman, je parcours les rues de la ville. Des brancardiers relèvent les blessés allemands et les pansent. Près de la place, j'assiste à une scène pénible. Voyant un infirmier s'approcher, un officier allemand lève son pistolet; l'autre le lui arrache, mais pendant qu'il appelle un de ses collègues à son secours, le Boche saisit un canif et se coupe la gorge. Des casques, des sabres, des fusils, des débris de toute espèce jonchent le sol et je ne peux résister à la tentation d'en envoyer un lot à l'Hôtel de Ville de Liège.

 

A ce moment j'apprends des nouvelles alarmantes: on m'annonce que le général Léman a été l'objet d'une tentative d'assassinat; que les Allemands ont pénétré dans Liège, que déjà ils occupent Herstal et menacent de me couper. Malgré notre succès, notre situation est périlleuse. Quoi qu'il en soit, j'ai donné au général Léman l'assurance formelle que je garderais le pont, je suis décidé à tenir mon engagement. Je préviens le gouverneur de ma position, je lui annonce que les Allemands se sont retirés et se tiennent vraisemblablement à une certaine distance de mes lignes, que je vois la possibilité de me porter en avant et de les rejeter sous le feu du fort de Pontisse; mais que je ne peux entreprendre cette attaque que si j'ai la certitude que les hauteurs de Wandre, situées sur la rive droite, sont encore au pouvoir de nos troupes, sans quoi je m'expose à ce que l'ennemi passe le pont et me prenne à revers. Successivement, j'envoie au quartier général un, deux, trois cyclistes; à mon grand dépit, je ne reçois aucune réponse et n'ose sortir de mes abris.

 

Vers 10 heures, survient le capitaine Grossman, ancien officier de mon bataillon, passé lors de la mobilisation au 2e bataillon du 32e de ligne: « Mon major, dit-il, j'étais établi sur la rive droite de la Meuse et j'ai reçu l'ordre de me retirer; mais ayant appris en même temps que vous étiez sur l'autre rive, je viens me mettre à votre disposition. Mon major, ne me remballez pas, utilisez mes 150 hommes. » Ce secours tombait à pic. « Grossman, répiiquai-je, je vous reconnais bien là. Je suis très content de votre démarche. Nous avons réussi à Visé, ici nous avons

 

pris un drapeau et fait de nombreux prisonniers, je vais vous donner l'occasion de vous signaler. Voici la situation: L'ennemi est en pleine retraite devant moi, mais mon flanc gauche et mes derrières sont menacés et je sais qu'une force allemande assez importante se trouve au cimetière de Rhèes et peut me tourner. Portez-vous par Basprial (Basse Prehalle) vers les hauteurs, déblayez le terrain des partis qui s'y trouvent, contenez à tout prix les troupes qui occupent Rhèes et cherchez à leur en imposer. J'ai dans l'idée, Grossman, que vous allez faire un bon coup. »

 

Le commandant partit immédiatement avec sa compagnie, et, vers 1 heure de l'après-midi, il repassait le pont, suivi de 400 prisonniers dont 7 officiers, parmi lesquels le lieutenant comte de Moltke, petit-fils du célèbre maréchal.
« Je vous félicite de tout cœur, Grossman, lui dis-je, et, pour votre récompense, vous mènerez les prisonniers à Liège. »

 

Quelques instants plus tard, je reçus avis que le général Bertrand se transportait avec sa brigade sur la rive gauche, que je devais couvrir son passage par le pont de Wandre et former ensuite l'arrière-garde de ses troupes qui se retiraient vers Ans...

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Les troupes allemandes ont trouvé dans le soldat belge un adversaire dont l’âpre ardeur combative a dépassé les prévisions de l’état-major allemand "

Generaleutenant Ernst Kabish (extrait de " Luttish " 1934)


La 34ème brigade allemande après avoir franchi la Meuse à Lixhe sur un pont de bateaux a reçu la mission de percer l’intervalle Liers-Pontisse pour investir Liège dans la nuit du 5 au 6 août. La brigade est composée de deux régiments mecklembourgeois, le 90ème fusiliers et le 89ème grenadiers et de deux bataillons, le 7ème et 9ème bataillons de chasseurs. Les six mille hommes se dirigent sans tarder et dans l’obscurité vers Heure le Romain et Hermée. Il s’agit d’opérer avec un effet de surprise maximum mais un cycliste embusqué à Hermée est témoin de l’invasion du village. Aussitôt, il s’en va prévenir le commandant du fort de Pontisse. Ce dernier, le commandant Speesen donne l’ordre d’ouvrir le feu sur toutes les routes conduisant à Hermée. Les colonnes de fantassins allemands s’affolent et rompent les rangs. Bientôt les tirs du fort de Pontisse se doublent de ceux du fort de Liers. Effrayés par les rugissements des deux forts, les soldats allemands font retraite et se réfugient dans la campagne. Leur commandant de brigade, le général von Kraewel, réunit alors ses officiers et un plan de marche est ordonné : le 90ème fusiliers sous le commandement du Major Clève tiendra la gauche de la brigade et est chargé de marcher droit au sud et de pénétrer dans la citadelle de Liège. Le centre sera occupé par le 89ème grenadiers et le 7ème et 9ème bataillons de chasseurs évolueront à droite. Nous allons voir que rien ne va se passer selon les plans établis.

Le 90ème fusiliers

Première erreur, l’avant-garde du 90ème fusilier s’égare dans l’obscurité et finalement aboutit à Pontisse où elle est arrêtée brutalement par les Belges du 3ème bataillon du 12ème de forteresse. Ces derniers opposent une âpre résistance aux tentatives de percée en défendant leurs tranchées et la redoute N°2 où se trouvent les commandants Goosse et Maréchal et qui tiendra jusqu’à 6 heures du matin. Le gros des troupes du 90ème fusiliers contourne cependant la redoute et les tranchées et entame sa descente vers Herstal. Ils tombent alors dans le traquenard tendu par le 12ème régiment de ligne commandé par le major belge Collyns et doivent refluer vers la plaine de Rhées.

Le 89ème grenadiers

Sur ces entrefaites, le 89ème grenadiers a traversé la campagne et débouche à proximité du cimetière de Rhées. Les grenadiers allemands sont loin de se douter qu’ils viennent de franchir la ligne défensive belge et qu’ils se trouvent dans le secteur défendu par le 2ème bataillon du 11ème de ligne. Son commandant, le colonel Dusart avait fait renforcer les murs du cimetière mais sa position fortifiée ayant été découverte dans l’après-midi par un avion ennemi, il avait eu la sagesse de faire bivouaquer ses troupes en dehors du cimetière, en plein champ ! Les piottes belges soumis à un travail harassant depuis plusieurs jours se trouvent donc couchés à même le sol à 400 mètres du cimetière quand un groupe d’éclaireurs ennemis du 89ème grenadier, sans s’en rendre compte, pénètre au milieu du bataillon endormi !! Une sentinelle belge finit par s’apercevoir de la situation à la fois tragique et cocasse ! Le bataillon se relève et ses hommes se dispersent alors dans une terrible bousculade. Les soldats belges s’encourent vers le cimetière ou vers les deux tumulus qui se trouvent au sud-ouest de celui-ci. Les feldgrauen divisent leurs troupes, une partie s’en va occuper le hameau de Rhées en contrebas du cimetière. Des soldats belges endormis dans la grange de la ferme Rousseau sont tués ainsi que des civils. L’autre partie des troupes donne l’assaut au cimetière qu’elle parvint à conquérir. Sur la route de Rhées, presqu’en face du cimetière se trouve un café dans laquelle s’est installé un observateur du fort de Pontisse, c’est Louis Salomé. Tout d’un coup des Allemands rentrent dans la maison et hissent un drapeau de la Croix-Rouge. Salomé est fait prisonnier et le nouveau poste de secours se remplit aussitôt de piottes et de feldgrauen blessés. Le colonel Dusart tombe mortellement blessé. Les 3ème et 4ème compagnies du 11ème de ligne tentent de reprendre le cimetière tombé dans les mains de l’ennemi mais au cours de l’assaut, le capitaine Rennoir tombe mortellement atteint. Bientôt le 89ème est maître de toute la plaine mais au lieu de continuer sa route droit au sud, directement sur Liège, le régiment choisit de rejoindre Herstal et d’effectuer sa jonction avec le 90ème fusiliers. C’est le 3ème bataillon du 89ème régiment qui ouvre la marche et descend vers la Meuse toute proche. Bientôt apparaît Herstal. L’apparence calme de l’agglomération est trompeuse : les 400 piottes du 2ème bataillon du 12ème de ligne sous le commandement du major Collyns veillent. Les soldats belges se sont retranchés dans les maisons après avoir préparés dans les rues des bûchers de paille imbibée de pétrole. Le feu y sera bouté pour éclairer le champ de bataille dès que l’ennemi sera à portée de tir. Quand les colonnes allemandes pénètrent dans Herstal, elles sont reçues avec un feu nourri. Le major von Arnim et le porte-drapeau qui marchent en tête sont abattus. Les Allemands essaient de se regrouper et de commencer l’assaut des maisons mais les Belges sont trop bien protégés. Les colonnes désorganisées refluent dans la précipitation et la panique. Le bataillon Collyns poursuit alors les traînards cachés dans les jardins. Certains se rendent, d’autres résistent valeureusement jusqu’à la mort. Les brancardiers relèvent les blessés; le major Collyns les observe et assiste alors à une scène extrêmement tragique qu’il évoquera dans ses souvenirs : " Voyant un infirmier s’approcher un officier allemand lève son pistolet, l’autre lui arrache mais pendant qu’il appelle un de ses collègues à son secours, l’officier saisit un canif et se coupe la gorge "
Le soldat Lange retrouve le drapeau abandonné du 89ème régiment mecklembourgeois au pied des maisons faisant face à la route de Vivegnis. Le major Collyns reçoit le drapeau et s’avance alors vers ses soldats en criant " Victoire ! Victoire ! " Et aussitôt les piottes entonnent spontanément la Brabançonne et viennent serrer les mains de leur chef. Le drapeau est ensuite confié à l’ingénieur Hiard qui est chargé de le porter au général Leman à Liège.
(Qu’est devenu ce drapeau ? Est-il au musée royal de l’armée ? Il fut le premier drapeau ennemi saisi durant cette affreuse guerre)

Les déconvenues du 7ème et 9ème bataillons de chasseurs.

En s’approchant du fort de Liers dans un chemin creux, ces deux bataillons se croyaient à l’abri. Mais le fort finit par les apercevoir grâce à son phare puissant. Les obus vont alors pleuvoir et une terrifiante averse d’acier va créer le désarroi complet dans les rangs ennemis. Seules trois compagnies du bataillon se trouvant sous les ordres du major Donalies ont pu continuer leur route vers Liège. Les ténèbres de la nuit se dissipent suffisamment pour permettre aux chasseurs allemands de découvrir des hauteurs de Thier-à-Liège l’immense panorama des toits de la principauté ! Le major décide d’envoyer une compagnie dans la ville avec mission de préparer le cantonnement. Celle-ci se met aussitôt en marche sous le commandement du Hauptmann baron von Rolshausen. Pour mieux faire leur entrée dans la cité, ils ont emmené avec eux le drapeau du 7ème bataillon. Par la rue Hennequin, puis par la rue Saint-Léonard ils pénètrent dans le centre ville et bientôt arrivent dans la rue Ste-Foi où se trouve le siège du quartier général belge occupé par le général Leman. Devant ce bâtiment, un officier belge, le commandant Marchand, fume une cigarette sur le seuil de la porte. Marchand a eu son attention attirée par des cris et des applaudissements des civils croyant accueillir l’avant-garde d’un providentiel renfort militaire anglais ! Avec stupeur, il découvre la méprise. Bientôt rejoint par le commandant Vinçotte, il échange quelques paroles en anglais avec les trois officiers ennemis à la tête de leur colonne. Marchand finit par crier " Vous ne passerez pas ! " Immédiatement les bras armés de browning se tendent et, à bout portant, les adversaires font feu. Le major von der Oelsnitz et le Hauptmann von Rolshausen s’écroulent. Le comte Joachim von Alvensleben se précipite vers la porte d’entrée mais Vinçotte tire quatre coups de révolver dans le flanc du major. A l’exemple de leurs chefs, les soldats ouvrent le feu. De la voiture-bureau qui se trouvait parquée dans la rue, le commandant Sauber surgit dans la rue et mettant le genou à terre décharge son browning sur les assaillants. Un soldat allemand parvint à se glisser le long du trottoir en s’abritant derrière les automobiles stationnées. Il vise Sauber mais ses balles passent au-dessus du commandant et vont frapper Marchand mortellement atteint à la nuque et à la poitrine. Le général Leman, emmené par son chef d’état-major, le colonel Stassin, s’échappe quant à lui par l’arrière du bâtiment et rejoint la gare de Vivegnis où un wagonnet le mènera à l’abri dans le fort de Loncin. Le combat continue dans la rue de Sainte-Foi où une dizaine de soldats et de gendarmes belges sont menés au combat par les capitaines Buisset et Lhermitte et par le lieutenant Renard. Les Belges sont dix contre trente mais ils infligent de lourdes pertes à l’ennemi qui reflue. Le Commandant Vinçotte, à la tête d’une petite troupe les poursuit. Deux soldats allemands sont encore abattus. Dans leur déroute, les survivants se trompent de route et au lieu de rejoindre les deux autres compagnies de leur bataillon au Thier-à-Liège, ils s’acheminent directement dans la plaine de Rhées. Dans la rue de Sainte-Foi, 14 morts gisent sur le sol : six Belges (dont le gendarme Houba) et huit Allemands.

Les deux compagnies stationnées au Thier-à-Liège après avoir attendu vainement des nouvelles de la compagnie envoyée en avant, se mettent à la recherche de leur brigade. Sans nouvelles de son état-major, le major Donalies estime finalement probable que sa brigade a pu atteindre Liège et il décide de la rejoindre. Mal lui en prit ! A Vottem un feu nourri accueille son avant-garde et les capitaines von Armin et von Kortzfleish tombent mortellement blessés. Les survivants de l’avant-garde disparaissent dans la direction de Liège où ils seront faits prisonniers. Ce qui subsiste des deux compagnies reflue vers Rocourt. Au cours de cette retraite, le major Donalies est tué alors qu’il se trouve isolé au milieu d’un groupe de soldats belges. Ses hommes trouvent un refuge provisoire dans une carrière de Rocourt. Ils subissent l’assaut des soldats belges sous les ordres du capitaine Godefroid. Un drapeau blanc est semble t-il hissé. Les Belges s’avancent alors imprudemment et s’écroulent en grand nombre sous des rafales ennemies. Le capitaine Godefroid est parmi les tués. Finalement les chasseurs allemands quittent leur abri de fortune et parviennent à rejoindre Lixhe.

Les débris de la brigade sous le feu des canons belges.

Le général von Kraewel se rend maintenant compte que tout espoir d’atteindre Liège est perdu. L’immense plaine de Rhées retrouve l’aube d’un jour nouveau à la grande joie des forts de Pontisse et de Liers qui peuvent maintenant apercevoir avec précision les débris des troupes allemandes qui ne savent plus se dissimuler dans l’obscurité. Le commandant Speesen du fort de Pontisse ouvre le feu, de tous les côtés c’est le sauve qui peut. Les seules voies de retraite à ce moment là, sont les deux routes qui mènent à Hermée mais ces routes son prises sous le feu du fort de Liers. Sous les feux croisés des deux forts, les survivants de la 34ème brigade parviennent finalement à Hermée. Ivres de la douleur d’avoir perdu tant des leurs, des soldats perdent leur sang froid en pillant les maisons et en y mettant le feu. Des civils sont massacrés, dont le vieux Ghaye criblé de balles dans son corridor et son neveu Ulric qui est emmené dans une prairie et fusillés. Joseph Lhoest et Antoine Rouvray subissent le même sort. Jean Verdin, 82 ans reçut une balle dans le ventre et expira après trois heures. Mathieu Matray qui n’avait pas mis beaucoup d’empressement à ouvrir sa porte fut fusillé. Le père et le fils Humblet, ainsi que le nommé Meekers qui se trouvait chez eux, furent passés par les armes par des soldats sous l’influence de la boisson. Un vieillard nommé Boucher fut arraché à sa maison et fusillé dans le jardin voisin. G. Colson et J. Ghaye furent faits prisonniers. On les conduisit à Lixhe pour être interrogés. J. Ghaye fut condamné à la détention en Allemagne tandis que G. Colson fut libéré. Malheureusement, en rentrant chez lui, il est à nouveau arrêté par d’autres soldats qui cette fois le fusillent !
Quant aux localités de Mouland, de Berneau et de Warsage, elles furent le théâtre d’affreuses scènes : 166 maisons furent incendiées et 33 habitants massacrés dont le malheureux bourgmestre de Berneau, âgé de 80 ans qu subit un véritable martyre.

Vers 10 heures du matin le commandant belge Grossmann à la tête d’une compagnie du 32èmede ligne effectua une sortie et fit prisonnier une unité isolée dans la plaine de Rhées.
La prise n’est pas banale : 260 hommes du 89ème grenadiers parmi lesquels se trouvaient sept officiers dont le lieutenant comte de Moltke, petit-neveu du célèbre maréchal !
Ce succès va encore être amplifié vers midi, quand le 20ème bataillon du 90ème fusiliers, tout à fait isolé du reste de la brigade en fuite, est fait prisonnier à proximité du fort de Pontisse.

Conclusion.

 



La 34ème brigade allemande fut vaincue cette terrible nuit dans les combats du 5 au 6 août 1914. La peur tenailla tellement la brigade qu’elle repassa la Meuse avec les débris de ses unités et battit en retraite jusqu’à Mouland. Près de 900 soldats furent faits prisonniers et 1500 soldats ennemis furent mis hors combat. Le 7 août, les 12 compagnies du 89ème grenadiers furent réunies en 4 compagnies dont l’effectif total ne dépassait pas 600 hommes ! Des 8 commandants de bataillon de la 34ème brigade, un seul, un major commandant du II/90, sortit indemne du combat !

180 soldats belges tombèrent lors de ce combat dont parmi eux les hommes du 3ème bataillon du 12ème de forteresse qui avaient les premiers enrayé de leurs tranchées la progression du 90ème.

Un monument est érigé à leur mémoire dans le cimetière de Rhées.

 

 

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